Tendre les courroies d'une imprimante 3D : contrôler et régler la tension X/Y
Des échos autour des lettres, une couche qui se décale, un cylindre qui sort ovale : ces défauts ont souvent la même cause, une courroie X ou Y mal tendue. Ce guide explique comment contrôler la tension à la main ou avec un outil, puis comment la régler sans dérégler le reste de la machine.
La réponse courte
Une courroie X ou Y trop lâche provoque du ghosting, des décalages de couches et des cercles irréguliers, selon la base de connaissances Prusa. Une courroie trop tendue n'est pas meilleure : la documentation du Prusa CORE One indique qu'elle peut rendre irrégulier le mouvement des axes X et Y. Le contrôle de base se fait à l'oreille et au toucher : une courroie bien tendue sonne comme une corde de basse grave, et ses deux brins se rapprochent entre deux doigts avec une légère résistance. Pour un réglage plus précis, Prusa propose une valeur de charge moteur sur MK3/S/+, un accordeur par microphone dans son application, et un assistant intégré sur le CORE One. Sur une CoreXY, il faut serrer les deux tendeurs en alternance et de la même quantité pour garder le portique d'équerre.
Ce qu'une courroie mal tendue fait à vos impressions
Sur une imprimante FDM, les courroies crantées transmettent le mouvement des moteurs pas à pas à la tête et au plateau. Selon la base de connaissances Prusa, une courroie lâche peut provoquer un décalage de couches, du ghosting ou d'autres défauts. Exemple typique : un cylindre qui sort de forme irrégulière au lieu d'un cercle parfait. Le jeu laisse la tête dépasser sa position à chaque changement de direction, puis rattraper son retard. La paroi garde la trace de ces oscillations.
L'excès inverse pose aussi problème. La documentation du CORE One précise qu'une courroie trop tendue peut rendre irrégulier le mouvement des axes X et Y. Il ne s'agit donc pas de serrer au maximum. Il faut une tension suffisante, identique d'un réglage à l'autre et stable dans le temps. Si vous voyez des échos autour des lettres ou des angles, le guide vibrations et ghosting vous aide à savoir si la cause vient des courroies ou de la vitesse.
Repérer les courroies X et Y selon la cinématique
Sur une cartésienne à plateau mobile, comme les Prusa MK4 ou MK3, la courroie Y passe sous le plateau chauffant et la courroie X déplace la tête d'impression, comme le rappelle la fiche Prusa. Chaque courroie a son propre tendeur et se règle de façon indépendante. Sur une CoreXY comme le CORE One, les deux courroies travaillent ensemble pour déplacer la tête dans le plan. On parle alors de courroie haute et de courroie basse plutôt que de courroie X et Y.
Cette différence change la méthode. Sur une CoreXY, un écart de tension entre les deux courroies peut faire pivoter le portique, qui n'est alors plus d'équerre. Prusa demande donc de vérifier l'alignement du portique avant tout réglage, moteurs désactivés. Si vous ne savez pas quelle cinématique équipe votre machine, le guide CoreXY ou cartésienne présente les deux familles. Sur les machines fermées d'autres marques, consultez la documentation du fabricant : l'accès aux tendeurs change beaucoup d'un modèle à l'autre.
Vérifier la tension à l'oreille et au toucher
Le contrôle manuel reste la méthode de base. Selon Prusa, une courroie bien tendue sonne à peu près comme une corde de basse grave quand on la pince. Vous devez pouvoir rapprocher ses deux brins entre le pouce et l'index, en sentant une légère résistance. Une courroie qui se plie sans effort est trop lâche. Une courroie qui ne cède pas du tout est probablement trop serrée.
Un second contrôle met en évidence le jeu mécanique. Le manuel d'assemblage Prusa conseille de bloquer l'arbre du moteur X avec une pince, au niveau de son méplat, puis de pousser l'extrudeur à la main. Aucun mou ne doit apparaître sur la courroie. La même procédure s'applique à l'axe Y. Si du mou apparaît alors que la courroie semble tendue, la poulie est peut-être mal serrée sur l'arbre. Faites toujours ce contrôle au même endroit, tête au milieu de l'axe, pour comparer d'une fois sur l'autre.
Les outils de mesure proposés par Prusa
Sur MK3/S/+, le menu Support puis Belt Status affiche une valeur par axe. Prusa précise qu'il ne s'agit pas d'une grandeur physique mais d'un nombre arbitraire, inversement proportionnel à la charge du moteur. La valeur indicative tourne autour de 250 sur X et 275 sur Y, avec une plage de plus ou moins 15. Vers 240 ou moins, il faut détendre. Vers 290 ou plus, il faut retendre. Ces repères supposent un assemblage sain et lubrifié. La valeur se met à jour à chaque Selftest ou via Calibration puis Belt test.
Pour les machines plus récentes, Prusa propose un accordeur de courroie dans son application et sur son site. L'outil écoute au microphone la vibration de la courroie que vous pincez et en déduit sa fréquence. Sur le CORE One, depuis le firmware 6.4.0, un assistant intégré (Settings puis Manual Belt Tuning) fait vibrer la courroie et visualise sa résonance grâce à un effet stroboscopique. La fiche donne pour le CORE One un maximum de 98 Hz sur la courroie haute, puis l'écran indique s'il faut serrer ou desserrer.
Régler la tension pas à pas
Sur les Prusa MK, tous les réglages se font avec la clé Allen de 2,5 mm. Pour l'axe X des MK4/S, MK3.9/S, MK3.5/S et MK3S+, desserrez légèrement les vis qui tiennent le moteur, sinon le tendeur ne peut pas le déplacer. Serrez ensuite la vis arrière du X-end-motor avec le bout sphérique de la clé. Contrôlez la tension tous les un ou deux tours, puis resserrez les vis du moteur. Pour l'axe Y, le tendeur se trouve derrière l'écran : deux vis traversent la plaque avant et se serrent dans le sens horaire pour refermer l'écart entre la pièce et le cadre.
Si ce réglage fin ne suffit pas, Prusa décrit une intervention plus lourde au niveau du support de courroie. Marquez la courroie au feutre au ras de la pièce plastique, puis décalez-la d'une ou deux dents. Sur une CoreXY, serrez toujours les deux vis de tension en alternance, de la même quantité, pour garder le portique d'équerre. Sur les kits CORE One, la fiche rappelle aussi de lubrifier la pointe des vis de tension. Après le réglage, refaites une mesure puis une impression de contrôle.
Ce que la tension des courroies ne corrige pas
Un décalage de couches ne vient pas toujours d'une courroie lâche. Une poulie qui patine sur l'arbre, une buse qui accroche une partie en relief ou une vitesse trop élevée donnent des symptômes proches. Le guide sur le décalage de couches passe en revue ces autres pistes. De même, si un léger ghosting persiste alors que la tension est correcte, l'input shaping côté firmware peut le réduire, quand votre machine le gère.
Ne confondez pas non plus la tension des courroies avec celle de l'extrudeur. La base Prusa consacre une fiche à part aux vis de l'idler, qui pressent le filament contre la roue d'entraînement. Trop lâches, la roue n'accroche pas le filament. Trop serrées, le moteur force et peut grignoter le filament. Ce réglage touche à l'extrusion, pas au ghosting. Enfin, ajoutez le contrôle des courroies à votre routine d'entretien : une vérification régulière repère un relâchement avant qu'il ne marque vos pièces.
Sources et limites
- Prusa Knowledge Base — Adjusting belt tension (MK4/S, MK3.9/S, MK3.5/S, MK3/S)
- Prusa Knowledge Base — Adjusting belt tension (CORE One/+, CORE One INDX, CORE One L)
- Prusa Knowledge Base — Idler screw tension
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