Peindre les couleurs dans le slicer avant une impression multicolore
Vous avez une imprimante multicolore, ou un changeur de filament, et un modèle d'une seule couleur. Plutôt que de découper le fichier en plusieurs corps dans un logiciel de CAO, vous pouvez peindre les couleurs directement sur le modèle dans le slicer. Cette page explique les outils disponibles, la façon dont le slicer transforme vos coups de pinceau en zones imprimables, et les limites à connaître avant de lancer l'impression.
La réponse courte
Peindre les couleurs dans le slicer consiste à colorier la surface d'un modèle avec des pinceaux et des remplissages, chaque zone étant affectée à un extrudeur ou à un canal du système multicolore, sans modifier le fichier d'origine. Selon la base de connaissances Prusa, PrusaSlicer propose depuis la version 2.4 un outil de peinture multi-matériaux avec pinceaux sphère, cercle et triangle, un remplissage intelligent qui s'arrête aux arêtes vives, un pot de peinture et une plage de hauteur. Au découpage, les zones peintes sont étendues vers l'intérieur de la pièce pour que les couleurs adhèrent entre elles, ce qui explique pourquoi les traits trop fins fusionnent avec la zone voisine. Pour un simple logo en strates, le changement de couleur par couche, qui insère une pause M600, reste plus simple et ne demande pas de machine multicolore.
Peinture de surface ou changement de couleur par couche : deux méthodes différentes
Il existe deux façons d'obtenir plusieurs couleurs sur une pièce FDM. La première, le changement de couleur par couche, demande à l'imprimante de s'arrêter à une hauteur donnée pour que vous changiez de bobine. Selon la base de connaissances Prusa, PrusaSlicer insère alors une commande M600 dans le G-code, l'imprimante se met en pause et vous invite à poursuivre. Cette méthode suffit pour un logo ou une plaque dont les couleurs sont empilées en strates horizontales, et elle fonctionne avec n'importe quelle machine à un seul extrudeur.
La peinture dans le slicer fonctionne autrement. Vous coloriez directement la surface du modèle avec des pinceaux, et le slicer attribue chaque zone à un extrudeur ou à un canal du système multicolore. Les couleurs peuvent se côtoyer sur une même couche, sur les flancs comme sur le dessus. Cette approche suppose une machine équipée d'un changeur de filament ou de plusieurs extrudeurs, comme expliqué dans notre guide pour comprendre le multicolore. Toujours selon la documentation Prusa, cette préparation était longue et complexe avant que PrusaSlicer 2.4 n'introduise la peinture multi-matériaux, qui se résume désormais à quelques remplissages et coups de pinceau.
Pinceaux, remplissage intelligent et plage de hauteur : les outils à votre disposition
Selon la documentation Prusa, l'outil de peinture multi-matériaux reprend la logique des outils de peinture de supports et de couture : le bouton gauche de la souris applique la première couleur, le bouton droit la seconde. Trois formes de pinceau sont proposées. La sphère et le cercle ont une taille réglable, avec une option pour subdiviser les grandes facettes du maillage pendant que vous peignez, ce qui affine le tracé sur un modèle peu détaillé. Le pinceau triangle, lui, s'appuie sur les triangles existants du modèle, ce qui est utile pour suivre exactement une arête déjà dessinée par le modeleur.
Pour les surfaces délimitées par des arêtes nettes, le remplissage intelligent fait gagner beaucoup de temps. En survolant le modèle, vous voyez en temps réel la zone qui sera remplie : elle s'étend sous le curseur jusqu'à une arête vive, avec un angle de seuil ajustable. Le pot de peinture remplace une tache d'une couleur par une autre, là aussi avec un angle à choisir. Enfin, l'outil de plage de hauteur peint tout ce qui se trouve entre deux lignes horizontales dont vous fixez l'écart, pratique pour une bande de couleur régulière sur un vase, une boîte ou un socle.
Associer les extrudeurs aux boutons de la souris et lire l'aperçu
Dans le panneau de l'outil, deux listes déroulantes, première couleur et seconde couleur, associent un extrudeur au clic gauche et un autre au clic droit. Le numéro et la couleur de l'extrudeur sélectionné s'affichent pour éviter toute confusion. Si la teinte proposée ne ressemble pas à votre filament réel, vous pouvez cliquer sur le carré coloré pour choisir une couleur de visualisation plus proche. La documentation Prusa précise que cette couleur d'affichage n'est enregistrée nulle part et disparaît à la fermeture de l'application : elle sert uniquement à vous repérer pendant la peinture.
Une fois les zones peintes, lancez le découpage et passez en aperçu. C'est là que vous vérifiez le rendu couche par couche : une zone oubliée au dos de la pièce ou une bavure de pinceau sur une arête se voit tout de suite. Prenez l'habitude de faire tourner le modèle sous tous les angles avant de valider. Dans PrusaSlicer, la peinture se fait dans la vue de préparation, puis l'aperçu après découpage confirme l'affectation réelle des extrudeurs. Le modèle lui-même n'est pas modifié par la peinture, et les parties colorées ne peuvent pas être exportées séparément comme des corps distincts.
Comment le slicer transforme vos coups de pinceau en zones imprimables
Peindre la surface ne suffit pas à imprimer une couleur : il faut de l'épaisseur. Selon la base de connaissances Prusa, le slicer segmente la surface en taches d'une même matière, puis étend chaque tache vers l'intérieur de la pièce. Sur le dessus et le dessous, l'extension correspond au nombre de couches pleines supérieures et inférieures défini dans les réglages d'impression, rubrique couches et périmètres. Sur les flancs, la zone est élargie vers l'intérieur jusqu'à une largeur maximale, un paramètre nommé mmu_segmented_region_max_width accessible dans les réglages avancés des extrudeurs multiples.
Cette extension a un but précis : donner aux différentes couleurs ou polymères la meilleure chance d'adhérer entre eux, grâce à un recouvrement en profondeur plutôt qu'une simple frontière de surface. Concrètement, un motif peint sur le dessus d'une plaque sera imprimé sur toute l'épaisseur des couches pleines du dessus, et un motif latéral occupera plusieurs périmètres. Si vous voulez une couleur qui traverse toute la pièce, augmentez le nombre de couches pleines ou la largeur de segmentation, en gardant à l'esprit que cela augmente aussi le nombre de changements de filament par couche et donc la quantité de purge.
Parois fines, nombre d'extrudeurs et compensation XY : les limites à connaître
La documentation Prusa rappelle qu'une structure trop fine n'est pas imprimable en FDM, et que la peinture ne change rien à cette réalité : peindre une paroi fine de deux couleurs distinctes ne la rendra pas imprimable. Les régions fines qui apparaissent lors de la segmentation sont détectées et fusionnées avec la zone voisine, dont elles prennent la couleur. Si votre motif comporte des traits fins, activez l'option de détection des parois fines, que Prusa conseille d'essayer dans ce cas, puis vérifiez l'aperçu pour voir ce qui a survécu au découpage.
Deux autres limites techniques sont documentées. La peinture multi-matériaux est limitée à seize extrudeurs : au delà, seuls les seize premiers apparaissent dans l'outil. Elle ne peut pas non plus se combiner avec la compensation de taille XY, qui est ignorée au découpage dès qu'un objet est peint, et une notification vous en avertit. Si vous comptiez sur cette compensation pour ajuster un emboîtement, corrigez plutôt les cotes dans votre logiciel de CAO avant de peindre. Enfin, la même logique de pinceau sert aussi à peindre les zones de supports, ce qui vous permet de réutiliser les gestes appris ici.
Préparer l'impression : matières compatibles, purge et sauvegarde du projet
La documentation Prusa insiste sur un point valable pour toutes les méthodes multicolores : utilisez des filaments du même type, PLA avec PLA, PETG avec PETG. Mélanger des matières différentes conduit le plus souvent à un échec, car elles adhèrent mal entre elles. Choisissez donc vos couleurs dans une même famille, idéalement chez le même fabricant pour des températures proches. Chaque changement de couleur sur une couche entraîne une purge de filament : avant de peindre un motif très détaillé, estimez le gaspillage avec notre simulateur de purge multicolore.
Enregistrez enfin votre travail au format 3MF plutôt qu'en STL : la peinture n'altère pas le maillage, elle vit dans le projet du slicer, et un STL exporté repartirait sans aucune couleur. Le 3MF conserve aussi les réglages d'extrudeurs et le placement sur le plateau, ce qui permet de reprendre ou de partager un modèle peint. Si vous n'avez pas encore de machine multicolore, notre page sur le choix d'une imprimante multicolore et l'outil budget vous aideront à situer les gammes d'entrée et de milieu de gamme sans vous engager sur un chiffre.
Sources et limites
- Prusa Knowledge Base — Multi-material painting
- Prusa Knowledge Base — Color change
Nous organisons la documentation des fabricants et des communautés ; nous n’avons pas mesuré ces produits nous-mêmes. La notice de votre modèle exact prime sur ces explications générales.