Perçages et ajustements : dessiner une éprouvette de calibration
Quand deux pièces imprimées doivent s'emboîter, tourner ou coulisser, le jeu à prévoir dans le dessin dépend de votre machine, de votre matière et de l'orientation. Cette page explique comment concevoir une éprouvette dédiée, avec plusieurs trous et axes, comment nommer ses cotes sans ambiguïté et comment la mesurer de façon répétable. Elle ne remplace ni le diagnostic d'une pièce ratée ni un calcul de correction globale : elle vous donne un protocole pour produire vos propres valeurs.
La réponse courte
Une éprouvette de jeu rassemble des trous et axes de cotes nominales identifiées; vous imprimez puis mesurez les pièces selon un protocole consigné. Prusa rappelle qu’il n’existe pas de jeu universel. Dans l’exemple proposé ici, le jeu nominal est défini comme la différence entre diamètres de CAO; il se distingue de la différence entre diamètres mesurés. Les dimensions sont illustratives : vérifiez toute valeur sur la géométrie et le couple machine-matière visés.
Ce qu'une éprouvette mesure, et ce qu'elle ne mesure pas
Une éprouvette d'ajustement est une petite pièce dessinée pour une seule question : quel jeu faut-il prévoir, sur votre machine et votre matière, pour qu'un trou accepte un axe donné. Selon la documentation Prusa, il n'existe pas de valeur universelle de tolérance. La taille du modèle, l'orientation horizontale ou verticale, la géométrie des pièces qui s'emboîtent, la calibration, les réglages et les propriétés de la matière entrent tous en jeu. L'éprouvette sert donc à isoler ces facteurs un par un, plutôt qu'à produire un chiffre valable partout.
Elle se distingue du diagnostic général de précision dimensionnelle, qui cherche la cause d'une pièce ratée, et d'un simple calcul de correction appliqué à l'ensemble d'un modèle. Ici, vous dessinez un objet volontairement redondant, vous le mesurez selon un protocole fixe, et vous consignez le résultat avec ses conditions. La documentation Prusa indique qu'une Original Prusa est précise à au moins 0,2 mm, tout en rappelant que les matières peuvent se déformer ou se rétracter à l'impression. Ce chiffre décrit la machine de ce fabricant dans son contexte. Il ne remplace pas la mesure de votre propre éprouvette et ne constitue pas un certificat pour votre imprimante.
Choisir la géométrie : trous, axes et orientations
Partez d'une plaque simple et dessinez des trous traversants verticaux dont les diamètres nominaux augmentent par petits pas autour de la valeur qui vous intéresse. Les dimensions suivantes sont illustratives : un axe nominal de 6 mm et des trous nominaux de 6,0, 6,1, 6,2, 6,3 et 6,4 mm. Le jeu diamétral nominal est la différence entre le diamètre du trou en CAO et celui de l’axe; le jeu radial nominal par côté en vaut la moitié. Prusa cite aussi au moins 0,3 mm pour des pièces mobiles, sans préciser dans ce passage une convention radiale ou diamétrale. Ne présentez pas ce repère comme la définition du jeu diamétral choisi pour notre exemple.
Ajoutez une seconde rangée de trous horizontaux, percés dans une paroi verticale de la même plaque, car selon Prusa l'orientation change le résultat. Prévoyez aussi un ou deux axes imprimés, verticaux et couchés, à mesurer avant tout essai d'emboîtement. Vérifiez dans votre logiciel de CAO le nombre de faces réellement présentes sur chaque cercle : la documentation Prusa signale qu'un cercle affiché lissé par les shaders peut s'exporter et s'imprimer comme un polygone. Contrôlez aussi l’intégrité du maillage et le résultat dans le trancheur; ne considérez pas le seul succès du découpage comme une vérification de toutes les cotes.
Nommer les cotes nominales : une nomenclature sans ambiguïté
Une éprouvette ne vaut que par la lisibilité de ses cotes. Donnez à chaque trou un identifiant court, gravé ou embossé à côté, et tenez un tableau à part qui associe cet identifiant à la cote nominale de CAO, à l'orientation et à la face mesurée. Distinguez toujours trois notions. La cote nominale est le chiffre entré dans la CAO. La cote mesurée est ce que votre instrument lit sur la pièce imprimée. Le jeu est la différence entre un trou et un axe, et doit être qualifié de diamétral ou de radial pour éviter les malentendus.
Un gravage trop fin risque de ne pas sortir : la documentation Prusa rappelle que, dans sa référence MK3S avec buse de 0,4 mm, la largeur d’extrusion dans PrusaSlicer est de 0,45 mm et qu'un mur plus fin qu'un périmètre n'est pas imprimable. Dimensionnez donc les repères en conséquence, ou remplacez-les par un nombre de points ou de crans. Notez aussi la version du fichier : Prusa recommande une approche paramétrique et la sauvegarde de versions successives avant de fusionner des corps ou de creuser des cavités. Chaque éprouvette doit renvoyer à une version précise du projet de CAO, sinon vous ne saurez plus quelle cote nominale a réellement été imprimée.
Le plan de mesure : instrument, points et répétition
Le plan de mesure doit préciser ce que vous relevez et où, pour pouvoir répéter le protocole. Choisissez un instrument adapté à la taille et à l’accès du trou ou de l’axe. Indiquez sa résolution, la hauteur réellement accessible et la méthode d’application; une résolution affichée ne certifie pas la précision du relevé. Pour un trou ou un axe, vous pouvez relever deux directions perpendiculaires à une hauteur définie, par exemple à mi-épaisseur, puis consigner chaque lecture sans l’arrondir vers la cote nominale. Cette procédure décrit des contrôles à effectuer; aucune mesure d’éprouvette n’est fournie ici.
Complétez par un essai d’emboîtement qualitatif, avec des termes consignés à l’avance : ne rentre pas, rentre en forçant, rentre et tourne, flotte. Ces mentions décrivent une observation, pas une statistique. Pour comparer deux éprouvettes, gardez constants orientation, hauteur des éléments, matière, buse, profil et post-traitement. Si vous utilisez un pied à coulisse, notez l’instrument, sa résolution et les mêmes points de mesure; la documentation Prusa citée ici ne prescrit pas d’instrument de métrologie particulier ni ne certifie la précision de votre relevé.
Première couche et pied d'éléphant : ce que le trancheur peut corriger
La première couche peut affecter les dimensions au ras du plateau. La documentation Prusa indique qu’elle est écrasée contre le lit chauffé et ressort généralement un peu plus large que prévu, ce qui peut gêner des assemblages à jeu serré. La page de compensation du pied d’éléphant situe le réglage dans Print Settings > Advanced et précise qu’il faut le mode Advanced ou Expert. Elle indique qu’une valeur autour de 0,2 mm fonctionne généralement avec la buse par défaut de 0,4 mm, que les profils officiels Prusa activent le réglage par défaut, et que PrusaSlicer 2.2 et versions ultérieures détectent les lignes fines de première couche pour éviter de trop les réduire.
La documentation cite deux effets : la bordure se relie moins fortement au modèle et l’aperçu peut sembler déformé aux raccords entre éléments fins et corps plus grands, tandis que l’écrasement réel comble une partie de l’écart. Pour l’éprouvette, consignez séparément la cote au ras du plateau et à la hauteur prévue. Une différence peut justifier de vérifier le réglage de compensation, mais ne démontre pas à elle seule la cause d’un écart. Ce réglage porte sur la première couche, pas sur toutes les erreurs dimensionnelles; voir la page pied d’éléphant.
Lire la fiche et itérer sur le dessin
Une fois les mesures et essais d’emboîtement effectués, distinguez les dimensions nominales de CAO et les diamètres mesurés. Le jeu diamétral mesuré pour une paire correspond à la mesure du trou moins celle de l’axe; la différence entre leurs cotes CAO est le jeu nominal dessiné. Si une paire donne l’ajustement voulu, notez les deux jeux et les conditions du coupon. Vous pouvez reprendre le jeu nominal comme point de départ pour une pièce comparable, puis vérifier cette géométrie représentative avant de la considérer validée.
Si les résultats diffèrent entre orientations, notez les valeurs séparément plutôt que de les moyenner : Prusa cite l’orientation parmi les facteurs qui influencent les ajustements. Les matières peuvent se déformer ou se rétracter différemment; le guide Prusa signale aussi que PC, ASA ou PETG peuvent restituer moins bien les petits détails que le PLA. Traitez un jeu mesuré comme propre aux conditions consignées et refaites le contrôle avant de l’appliquer à un autre couple matière, profil ou imprimante.
Sources et limites
- Prusa — Modeling with 3D printing in mind
- PrusaSlicer — Elephant foot compensation, page 2.9 (Legacy)
Nous organisons la documentation des fabricants et des communautés ; nous n’avons pas mesuré ces produits nous-mêmes. La notice de votre modèle exact prime sur ces explications générales.